trou de la sécu, abus sur les dépenses de santé, tout ça… mon expérience personnelle.

Je viens de vivre une journée assez… surprenante (pour ne pas utiliser un autre mot) qui est venue éclairer ma vision sur les questions de dépense de santé.

Sécurité sociale Rennes

Depuis quelques jours, je suis assez handicapé (toutes proportions gardées bien évidemment) par une pauvre écharde au creu de la main droite. Je suis allé aux urgences de la clinique du coin, on me l’a retirée. Mais deux jours plus tard, ça s’est infecté, j’ai du y retourner et là, intervention chirurgicale, 2 jours d’hospitalisation (alors qu’on m’avait parlé d’un séjour ambulatoire). Là, ce fut ma première surprise : 3 semaines d’arrêt de travail. A ma réaction, lorsque j’ai appris ça de la bouche de l’infirmière qui me remettait les papiers de sortie, elle a jugé nécessaire d’ajouter que je pouvais écourter à mon initiative. En effet, pour moi je pensais reprendre le travail dès le lendemain!

Bref, j’ai donc décidé d’attendre de revoir le chirurgien pour qu’il m’explique pourquoi une telle durée d’arrêt de travail.

Aujourd’hui donc était le rendez-vous avec le chirurgien. Je n’avais qu’une inquiétude, qu’il ne soit pas très bavard comme les quelques fois que je l’avais rencontré. Et bien, il a été bavard, mais ces mots étaient probablement très calculés (au sens propre comme au sens figuré). Après m’avoir examiné rapidement (c’est tout juste s’il ne m’a pas coupé la main avec son ciseau en voulant couper le bandage… passons, il est chirurgien et pas infirmier!), ô surprise, il s’est mis à parler ! Il s’est intéressé à ce que je faisais, à mon métier, à mon entreprise… Je finis par dire que je travaille pour une grande compagnie d’assurance. Là, toujours ô suprise, il ne tarit par d’éloge sur elle, en particulier indiquant qu’elle avait une très bonne garantie santé. Ce à quoi j’acquiesse en disant qu’en tant que salarié de l’entreprise, nous n’avions pas à nous plaindre. Et là, vient la phrase qui tue :

« oh mais vous avez une bonne mutuelle, et étant donné que les tarifs conventionnés n’ont pas évolué depuis longtemps, ça vous fera 200€ en dépassement. Normalement, dans le cadre d’urgences on ne fait pas ça, mais comme vous êtes bien couvert… » Il s’est juste assuré (!) auprès de son assistante que le tarif de 200€ ne dépassait pas la limite de remboursement… Là, je suis resté scotché, ne sachant que répondre… Surtout que ces 200€ sont du dépassement « pur » puisque je recevrai plus tard la facture de la clinique pour le tarif « sans dépassement ».

Vint ensuite le cas de l’arrêt de travail de trois semaines. Je lui demande pourquoi il m’a mis trois semaines. il me répond « il doit y avoir une erreur, je ne vous ai jamais mis trois semaines ». Ah bon ben alors… Ca doit être son assistante qui s’est trompée… Du coup, il m’arrête jusqu’à la fin de la semaine. Enfin, il m’arrête, c’est beaucoup dire puisque de toute manière mon arrêt de travail court toujours pendant encore deux semaines… Il faudra donc que je fasse la démarche auprès de la DRH de mon entreprise pour qu’elle signale à la sécurité sociale que j’ai repris le travail plus tôt que prévu. Autant dire que cette démarche ne doit pas être faite souvent!

Ces deux éléments sont pour moi assez symptomatiques de la maladie de notre système de santé et surtout de son système de prise en charge. On annonce partout que la sécurité sociale est en grave déficit (alors que probablement ce grave déficit dépend du mode de calcul utilisé) et pendant ce temps-là un chirurgien donne « par erreur » un arrêt de travail de 3 semaines. Ensuite on plombe les contrats d’assurance de complémentaires santé par des dépassements ahurissants (c’est surtout bien connu pour les lunettes et le dentaire, mais j’ignorai que ce fut aussi le cas pour la chirurgie… En fait ça doit être le cas partout).

Ceci me conforte dans mon idée : il faut supprimer les complémentaires santé, et la sécurité sociale doit tout rembourser et donc interdire les dépassements d’honoraires pour tout le monde.

Je ressors déçu et désolé pour mon employeur de lui avoir couté aussi cher pour de mauvaises raisons (car mon employeur est aussi celui qui « assume » ma complémentaire santé puisqu’il est aussi l’assureur), et désolé pour la sécurité sociale d’avoir falli lui couter aussi cher pour également de mauvaises raisons.

2 commentaires

2 commentaires

  1. Bon exemple d’une entourloupe. Je te confirme avoir rencontré quelquechose identique (quoique plus généreux de la part de l’hôpital puisque le médecin a effectué une réduction gracieuse du tarif : le client (et non pas le patient, j’y tiens) était étudiant dans le médical ; ça rapproche. Tarif à la tête du client ?).
    Par ailleurs, il parait que le lobby des médecins est très puissant ; donc mettre un peu de justice là-dedans ne me parait pas pour demain.
    Bon rétablissement.
    PS : l’épine du doigt s’est retrouvé implantée dans tes pensées (j’espère que ça pique moins)
    PS2 : peut-être que tu devrais envoyer un courrier à 60 millions d’amis consommateurs pour leur indiquer ce procédé.

  2. Puisque l’on entre dans une ère de responsabilisation de individu rendu responsable de la crise systémique-sociétale que nous traversons je te conseille de faire deux courriers ou trois un au ministère de la santé, un à la caisse nationale d’assurance maladie ou celle du 92 et enfin un au Conseil de l’Ordre des Médecins, Chirurgiens et Spécialistes ceci afin de vérifier qui agit réellement et dans quel délai. Et là peut-être enfin nous saurons où le bas blesse…

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