la retraite : c’est vouloir partir le plus tôt possible d’un travail éprouvant, difficile ou tout simplement inintéressant

En ce moment est le débat, ô combien important, sur les retraites. Le gouvernement a, à priori volontairement, posé le débat uniquement et exclusivement sur la problématique de l’âge de départ. Quelles qu’en soient les raisons (le journal « les échos » affirmait au mois de mars que c’était uniquement pour rassurer les marchers financiers afin que la France de tombe pas en faillite à l’image de la Grèce), cette approche me parait vraiment très limitée voire tendancieuse (ce n’est d’ailleurs pas uniquement mon avis mais celui de pas mal de gens de gauche et de centrales syndicales) D’abord, la retraite, c’est quoi ? il aurait peut-être fallu répondre à cette question pour commencer pour savoir ce que nous voulons, en terme de choix de société, pour nos retraités. A la base, la retraite à 65 ans était faite, quand l’espérance de vie dépassait difficilement 60 ans, pour donner une fin de vie digne aux gens qui auraient survécus jusque là. Ensuite, au passage à 60 ans par la gauche dans les années 80, (l’espérance de vie avait déjà bien augmenté), l’objectif était de bien profiter d’une fin de vie de plusieurs dizaines d’années du fait d’avoir souffert son labeur pendant sa vie active.

On est encore dans cet esprit là.

C’est aussi d’ailleurs l’esprit des congés payés, voire des RTT : une retraite « provisoire annuelle » afin de fuir ses conditions de travail harrassantes et inhumaines. Là où on le voit bien, c’est que des congés ne sont pas fait pour se reposer, surtout pas, c’est fait pour faire ce que le travail nous interdit de faire le reste de l’année. La retraite c’est la même chose, on fait ce que notre vie active ne nous a pas permis de faire.

Faut-il attendre forcément les vacances pour faire ce qu’on aime ? faut-il forcément attendre la retraite pour avoir la vie que l’on souhaite ? Si c’est le cas, effectivement la vie n’est même pas un purgatoire, mais c’est un enfer où nous sommes forcés d’être malheureux (sauf pendant nos congés et notre retraite évidemment). Logique donc que l’on souhaite le maximum de congés et que l’on souhaite partir le plus tôt possible en retraite.

C’est à ce niveau-là que je m’insurge, que je me révolte et que je m’inscris en faux. Non, je ne veux pas attendre, je ne veux pas de cette vie de labeur dans le malheur. Je veux profiter de la vie, ici, et maintenant ! Je souhaite donc des congés payés et une retraite le plus tard possible pour me reposer quand je ne pourrai plus faire autrement car le reste de ma vie j’aurai eu une vie exaltante, passionnante et bien remplie.

C’est à ce niveau qu’il aurait fallu poser le débat : il faut que les gens travaillent plus longtemps car on ne peut plus financer les retraites, très bien, réfléchissons comment on rend le travail intéressant, moins difficile physiquement et psychologiquement, afin que les travailleurs se passionnent pour leur boulot, qu’ils aient envie d’y rester encore et encore parce qu’ils s’y sentent bien. Dans ce cas-là l’âge de départ à la retraite n’aurait plus d’importance puisque les gens resteraient au travail aussi longtemps qu’il en auraient la force, et pour ceux qui ne s’éclatent pas au boulot (car il en resterait, il existera toujours des boulots difficiles et inintéressants) qu’ils puissent partir à l’âge qu’ils souhaitent après leur 35 ou 40 ans de cotisation comme juste récompense d’une dure vie de labeur au service de la communauté.

Réfléchissons aussi comment on peut donner du travail à tout le monde, et pas uniquement au 30-50 ans.

etc…

Ce sont des débats de société dont nous avons besoin, des vraies remises en cause de nos systèmes et pas uniquement des ajustements sur des âges de départ sur lesquels il va falloir revenir sans arrêt.

Le problème, c’est que jusqu’à présent, des vraies remises en cause (avec de grandes avancées sociales) ont été possible uniquement lors de grandes catastrophes où tout était à reconstruire (les guerres par exemple) alors qu’il suffirait juste du courage politique…

2 commentaires

2 commentaires

  1. Je suis d’accord avec vous. D’autant plus que – et on ne le dit pas assez – le travail c’est la santé, et franchement quand on arrête de travailler on dépérit vite…

  2. Bonjour Gwenaël,
    Je ne vois pas pourquoi tu conclus ton papier en parlant de grandes catastrophes, 1936 marque la création des congés payés, 1945 année du programme du conseil national de la résistance, 1968 et la semaine de 40 heures sans compter le SMIG et les représentations syndicales autorisées dans les entreprises, 1995 trois de semaine de grève et la gauche qui gagne en 1997, 2005 Villepin qui recule sur le CPE, tous ces dates et ces événements sont pour les républicains et les militants de progrès des sources d’encouragement et des références politiques et sociales tout à fait essentielles, sans lesquelles on ne comprend rien de ce qui se passe politiquement dans notre pays…. Pour le reste, les retraites, comme l’impôt ou la cotisation sociale, c’est un problème de répartition de la richesse produite, il faut le dire et le répéter, c’est essentiel, sinon on en comprend plus à ce qui nous distingue de la droite…
    Bien à toi.