Triplement dégouté

Ca y est, les militants socialistes ont voté. J’étais aux premières loges car je tenais le bureau de vote en tant que trésorier adjoint, en remplacement de la trésorière absente. C’est moi qui ait dû récupérer les nombreuses cotisations non encore payées.

Et oui, je suis dégouté par les résultats, tout ce que je ne voulais pas pour mon parti s’est produit, aussi bien au niveau local que national.

Je commencerai par le niveau national. C’est un des pires scénarios qui pouvait arriver, du moins de mon point de vue. La motion Royal arrive en tête, et une majorité claire n’est pas dégagée. Je ne supporte pas le personnage Royal depuis la présidentielle. Je n’y peux rien, c’est physique. Le contenu de la motion n’était pas déconnant, mais au même titre que celles de Delanoe et Aubry. Mais me dire que je vais devoir supporter de la voir partout dans les médias dans les années à venir me donne de l’urticaire. De toute manière, à chaque apparition télévisuelle de la madonne du PS, connaissant ma chère et tendre, cette dernière changera de chaine ! (ça a failli arriver ce soir lorsque Royal était au journal de 20h de France 2)

Maintenant ça va être le temps des alliances avec probablement des alliances contre nature,ou encore, des magouilles dans le dos des militants : c’est obligatoire puisqu’aucune motion n’a obtenu de majorité.

Au niveau local ensuite. La motion (la B, pôle écologique) que je soutenais a fait un score ridiculement faible malgré les bonnes prestations de mon camarade Jean-Pierre. C’est un coup dur car nous pensions avoir réussi à mobiliser quelques personnes. Du coup me voilà exclu des instances de direction de la section locale. Ce n’est pas grave, je pensais ne plus y avoir ma place. Etre un petit soldat m’était devenu insuportable. Je veux débattre discuter, plus être un simple exécutant.

Enfin, de nouveau au niveau local : la motion Royal a fait 57% des voix à Nanterre et est donc majoritaire à elle seule. Elle n’aura donc besoin de personne d’autre pour contrôler la section. De plus, maintenant, les socialistes nanterriens sont donc « officiellement » royalistes (ou ségolénistes). C’est un peu dur à avaler, mais il faudra que je m’y fasse (ou pas).

Alors je suis amer ? Oui je le suis. Le PS devient tout ce que je ne voulais pas qu’il devienne. Mais dans quelques jours, je n’y penserai plus, et le PS deviendra le moindre de mes soucis puisque de toute manière je n’aurai aucune prise pour le faire évoluer.

Alors mon avenir au PS ? Oui, j’y reste, du moins je pense. J’ai à nouveau un statut de simple militant sans aucune responsabilité. Si la nouvelle équipe socialiste nanterrienne accepte de faire participer les militants à des débats politiques (et pas uniquement à des distributions de tracts), j’y participerai volontiers, sinon tant pis ça sera comme avant et du coup je pourrai consacrer davantage de temps à ma webradio.

Remarque : une bonne nouvelle tout de même dans cette avalanche de mauvaises. Ségolène aura eu une vertu, faire partir Jean-Luc Mélanchon, que je déteste encore plus qu’elle !

2 commentaires

2 commentaires

  1. Oh ben, Gwenaël, te voilà bien amer…

    Que Ségolène soit arrivée en tête à cette consultation était prévisible : elle s’adresse directement aux militants avec un discours rénovateur et anti-appareil, au moment où ces militants sont déboussolés et l’appareil relativement discrédité. C’est "the right woman in the right place".

    Mais cette stratégie anti-appareil a aussi ses limites. Comme je l’ai déjà écrit ailleurs, elle implique une capacité à "refonder" en s’appuyant en grande partie sur les seules forces militantes, et avec assez peu de cadres fiables. De plus, autant la consultation était affaire de militants, autant le congrès est affaire d’appareil. Ségo va donc se trouver confrontée à une contradiction :
    – soit elle maintient sa posture "anti-appareil" au risque de voir les alliances de coulisse se nouer contre elle et le congrès lui échapper ;
    – soit elle joue le jeu du congrès et des alliances plus ou moins contre-nature que cela suppose, au risque de décevoir les militants qui attendent d’elle une attitude exempte de compromissions.

    Il me semble probable qu’elle cherchera à jouer sur les deux tableaux, donc à conserver sa posture personnelle de "madonne des militants" et à déléguer à quelques lieutenants la responsabilité de nouer les alliances d’appareil indispensables à la victoire au congrès. Julien Dray fera ça très bien. Ségo, elle, cherchera à se maintenir "au-dessus des courants".

    Reste à savoir quelles alliances vont se nouer. Personnellement, je parierai plutôt sur une alliance Royal/Aubry, quoique les inimitiés personnelles peuvent jouer fortement ; mais une alliance à trois avec Aubry et Hamon n’est pas à exclure. En tout état de cause, le grand écart entre discours social-démocrate et discours plus maximaliste sera intéressant à observer… Ce qui me paraît clair, c’est qu’une posture trop maximaliste (qu’entraînerait par exemple une alliance avec Hamon) laisserait un large champ au MoDem. De tout sens, le PS en a bien pour deux ans à se reconstruire. Quoi que les cantonales et les européennes pourraient bien tourner à l’avantage de la Gauche et faciliter cette dynamique de reconstruction.

    Quant à l’échelon local, la large victoire de la motion Royal traduit bien, à mon avis, le ras-le-bol des militants face à la stratégie qui leur est imposée et leur volonté d’exister enfin à Nanterre en tant que PS. J’ignore quels étaient au sein de la section les choix des divers responsables, mais j’ai l’impression que globalement la "vieille équipe" n’a pas entraîné les masses derrière elle… La difficulté, c’est que le PS nanterrien est prisonnier d’un allié plus qu’hégémonique et se voit privé de toute possibilité réelle d’action locale. Il lui reste la solution de communiquer sur des sujets nationaux en relayant la future parole nationale, et surtout de se mettre en ordre de bataille en attendant des jours meilleurs.

  2. le jeu de massacre continue. déjà en 2007, certains à gauche ont préféré le victoire de sarkozy plutôt que celle de royal. et aujourd’hui ça continue, le congrès va se jouer sur "pour ou contre royal", c’est une honte sur le plan politique et idéologique. pendant ce temps là, rien sur la retraite à 70 ans et ce n’est qu’un exemple. après le oui de 2005 et ce vote de jeudi dernier, ce qui est certain, c’est que le PS n’est plus un parti de gauche, mais un parti de centre gauche et encore… car avec le positionnement politique de royal, faire la différence entre elle et bayrou, autant chercher une aiguille dans une botte de foins. sarkozy doit bien se marrer…