Le congrès de Reims

Voilà, le PS est rentré dans la phase active du congrès : le débat des motions qui sera sanctionné par le vote des militants. La motion choisie indiquera la ligne que devra suivre le parti pour les 3 prochaines années.

Seulement voilà, quelle ligne ? C’est moins une ligne idéologique qu’une ligne méthodologique. En effet, les 3 motions qualifiées de « principales » sont globalement sur la même ligne idéologique : réformisme et social-démocratie. Ce qui les différencie alors ? La méthodologie qu’elles veulent mettre en oeuvre et surtout les personnes qui seront à leur tête. C’est davantage un combat de chef qu’un débat idéologique.

Ségolène Royal tout d’abord. Je ne sais pas ce qu’elle fait à part vouloir s’affranchir du parti. Avec ses petites phrases à la « aimez-vous les uns les autres (ou disparaissez) » ou ses meeting comme le dernier au Zenith qui ressemble d’ailleurs davantage à un « one woman show » qu’à un meeting, le personnage m’exaspère.

Martine Aubry, personnage qui me plait bien à la base, est partie sur un mélange hétéroclite qui me dérange. En effet, sa motion ou du moins les personnes derrière elle représentent tout ce que je ne souhaitais pas pour ce congrès. J’attendais de ce congrès une clarification idéologique, une ligne claire pour notre parti. Une fois la ligne définie, il aurait été assez tôt pour prôner l’unité du parti derrière justement cette ligne choisie majoritairement par les militants. Martine Aubry a décidé les alliances avant le congrès, aussi hétéroclites que les fabiusiens et les strausskanhien, les réformistes avec les « étatistes ». Comment on va trancher ce que l’on veut pour son pays après ? Bonne chance à cette motion pour définir un programme si jamais elle gagne…

Bertrand Delanoe. Voilà aussi un personnage qui me plait bien. Il a réussi à garder une certaine cohérence parmi tous ceux qui l’ont rejoint. Même mon préféré, Pierre Moscovici a décidé de le rejoindre. Il y a pourtant quelque chose qui me déplait, ce sont les alliances qu’il veut exclusives à gauche. Comme je l’ai maintes fois dit, étant au PS, je me sens bien plus proche du modem que du parti communiste. De plus, électoralement et stratégiquement parlant, c’est à mon avis bien plus porteur (à part dans des villes comme Nanterre au vue de la force des personnalités du PC et de la faiblesse de celles du modem… hélas)

Vis à vis de ces trois personnalités, autre chose me dérange. Je ne me sens pas prêt à choisir mon candidat pour 2012. Il est trop tôt.

Voilà les raisons de mon non choix pour ces trois motions.

Alors, que reste-t-il ? Utopia… c’est beau de rêver, mais peu réaliste. Le nom le montre de lui-même.

Benoit Hamon. Voilà un autre qui a la cohérence idéologique avec lui. Mais c’est pour moi le seul point positif de cette motion. Je suis en désaccord avec beaucoup de ses idées, et les personnages comme Emmanuelli et encore plus Mélanchon me mettent hors de moi. Souvent je me demande ce que je fais dans le même parti qu’eux. J’aimerai qu’ils aillent former leur propre parti afin qu’ils gardent leur cohérence et nous aussi.

Enfin, le pôle écologique. Une motion dans laquelle je me retrouve dans la plupart des idées. Ce qu’elle propose, me convient et me plait. Je lui reprocherais pourtant de ne pas clarifier un certain nombre de points idéologiques même si elle est clairement réformiste dans sa démarche.

L’idéologie n’est pas la seule chose qui va ressortir des motions, c’est aussi les équipes qui dirigeront le parti, à tous les niveaux, national, mais aussi fédéral (départemental) et local, et avec elles les méthodes de gouvernance du parti et les propositions d’organisation. Sur Nanterre, la personne qui porte la motion du pôle écologique est force de propositions dans ce domaine, et ceci depuis de nombreux mois. Il a fait la preuve de sa volonté d’action et de changement dans les vieilles habitudes enracinées dans notre parti local.

Voilà donc pourquoi je me retrouve sur cette motion. Je l’avoue bien volontiers, c’est aussi une manière de ne pas à avoir à faire un choix entre les trois motions que j’appelerais « réformistes ».

De toute manière, la parole est maintenant aux militants qui voteront le 6 novembre. Ensuite ça redeviendra des accords d’appareil en fonction des résultats.

2 commentaires

2 commentaires

  1. Voici une interview lue sur le site du Post que je vous conseille de lire jusqu’au bout avec attention.
    Il y a tellement de vérités dites!

    http://www.lepost.fr/article/200...
    Un militant donne une interview choc sur Segolène Royal.

  2. martine est moins showbizz que ségolène ou bertrand, mais c’est bien la seule différence notable. pour le reste, ce sont des libéraux, même si martine semble un peu moins libéral que les deux autres, mais les libéraux sont majoritaires au sein du PS aujourd’hui et c’est bien le seul problème politique qui vaille d’être discuté…