J’ai fait le choix du PS, c’est pas pour soutenir un autre parti

J’ai adhéré au PS il y a quelques années parce que c’est le parti qui correspondait le plus à mes idées, à mes idéaux. Aujourd’hui j’y suis toujours mais plutôt parce que j’y retrouve des gens ayant les mêmes idées et idéaux que moi. J’aimerai maintenant que le parti se cale aussi dessus.

Si j’ai fait ce choix à l’époque et encore aujourd’hui, ce n’est pas pour soutenir un autre parti. Or à Nanterre c’est un peu ce qu’on fait depuis des années pour la sacro-sainte union de la gauche, à laquelle je crois de moins en moins. Ceci pour deux raisons.

La première est idéologique. J’estime avoir de moins en moins de choses en commun avec cette gauche aussi diverse que variée. Un point reste commun, c’est cet idéal de solidarité et de soutien aux plus faibles. C’est une bonne base, certes, mais ce n’est pas suffisant. Là où ça diffère, et de manière significative, c’est sur les limites de cette solidarité et surtout sur la manière de la mettre en oeuvre : les limites parce qu’il ne faut pas sacrifier l’individu sur l’autel du collectif. A notre époque oublier l’importance de l’individu lorsqu’on parle de réformes et de faire des efforts, est une erreur politique majeure parce qu’elle ne peut conduire qu’à un rejet des citoyens qui se sentent bafoués, incompris voire méprisé.
La mise en oeuvre ensuite parce que pour un quelconque idéal politique il ne faut pas oublier le réalisme, économique surtout, ne pas oublier l’environnement qui nous entoure. Nous ne sommes pas seul au monde. On dirait d’ailleurs que nos concitoyens en ont prit davantage conscience que nous, puisque qu’ils ont rejeté le projet socialiste aux dernières élections nationales. Comment peut-on refuser un smic à 1500 euros? Comment peut-on refuser la généralisation des 35h? Parce que nos concitoyens savent bien que c’est irréaliste, trop dangereux pour beaucoup de nos petites entreprises.

A Nanterre nous avons une situation toute particulière : le vote utile à gauche aux élections locales, c’est le parti communiste. C’est comme ça, c’est historique, et c’est aussi relatif à une personnalité qu’est l’ancien maire.

C’est compréhensible en un sens puisque le parti communiste une fois au pouvoir applique la politique du PS c’est-à-dire une politique social-démocrate empreinte de réalisme économique (les communistes ont-ils vraiment le choix ? Et c’est aussi valable au niveau national, voir MG Buffet ou JC Gayssot lorsqu’elle était dans le gouvernement de Lionel Jospin…)

Pourtant trois éléments font que cela change progressivement.
L’ancien maire n’est plus maire, et son influence et celle de son réseau périclite petit à petit, son successeur à la mairie n’ayant pas la même « aura ». Il vient juste d’arriver, certes, mais la personnalité est tout de même très différent.
Le deuxième élément est la sociologie de la ville qui évolue et l’électorat communiste se réduit progressivement en proportion. Au tarif de l’immobilier ce ne sont plus des ouvriers ou des retraités aux petites pensions qui s’installent (ou restent) à Nanterre, mais plutôt des gens plus aisés, des cadres, des jeunes, électorat peu propice aux communistes. Cet électorat pourrait voter à gauche, mais pour une gauche renouvelée. Le parti communiste a cette image vieillote, du passé qui n’a pas su évoluer du moins sur son idéologie et sur ses méthodes de gouvernance (même si en pratique c’est un peu différent, voir le paragraphe suivant).
Le troisième élément est plus général et tient de l’idéologie communiste. Comme je le mettai plus haut, les communistes une fois au pouvoir appliquent peu ou prou la politique qu’aurait été appliquée par un parti social-démocrate. Ceci explique pour moi leur baisse dans les élections nationales depuis des années étant donné qu’ils ne peuvent se différencier clairement des socialistes. Même s’il est vrai que ces derniers temps les communistes ont tenté un « recadrage » à gauche avec les comités anti-libéraux probablement pour se retrouver une identité, un positionnement propre (ça a mal marché d’ailleurs puisqu’ils se sont fait dépasser sur leur gauche par les partis extrèmes).
S’ils font la politique que l’on propose, pourquoi vouloir s’en différencier ? Tout simplement parce que préfère une politique de conviction plutôt qu’une politique d’opportunisme. Je préfèrerai que ça soit des socialistes qui fassent une politique socialiste plutôt que des communistes qui ne le fasse que parce qu’il n’est pas possible pour eux d’appliquer leurs idéaux, donc qu’ils fassent « le moins pire » à leurs yeux. Si certains communistes sont convaincu de la politique qu’ils mènent, je ne saurai trop leur conseiller de rejoindre le parti socialiste, ceci serait davantage en adéquation avec ce qu’ils font. Sauf s’ils tiennent vraiment à conserver leurs anciennes méthodes staliniennes…

Le fait de rester associé à ce parti du passé nous entraîne avec lui dans sa chute. Il est temps de s’en émanciper, de montrer que la gauche à Nanterre ce n’est pas que les communistes, mais qu’une autre voix est possible : appliquer ce que l’on croit. Telle est ma conception de la politique.