A une semaine du premier tour

A une semaine du Premier tour, il était temps que j’écrive quelques lignes sur mon blog afin que j’exprime mon ressenti sur cette campagne.

ça doit être la 2e campagne à laquelle je participe si activement. La première était pour le référendum européen.

Ma première remarque est sur la forme : c’est dur! Il faut avoir réponse à tout et ne surtout pas montrer qu’on a des doutes, du moins, face aux gens qu’on croise dans la rue, ceux à qui on remet les tracts. Ensuite il faut être toujours sur le terrain, faire de la présence. C’est fatigant, prenant, mais passionnant en même temps. Il faut savoir défendre ses idées, ou celles de son parti, même celles qu’on partage pas. Ça aussi c’est dur parfois.

Sur le fond maintenant. Je crois, et en tout cas j’espère, que cette campagne aura fait beaucoup de bien au PS. Les lignes naturelles, où devrais-je dire plutôt « habituelles », bougent. Je crois que mon parti va devoir sérieusement se tourner vers le centre au détriment du PC et de l’extrême gauche. Avant ça apparaissait impossible donc improbable, maintenant cette hypothèse est avancée et entre dans les esprits. J’espère que la barrière va tomber. Je sais que de nombreux camarades ne sont pas prêt à ce tournant historique et pourtant que nos voisins européens ont fait pour la plupart. C’est la voie logique qu’attendent je crois nos compatriotes. Il faut arrêter de leur faire croire aux idées gauchistes irréalistes dans le monde du 21ème siècle. Ils veulent même s’appeler « la gauche courageuse ». Quel courage en effet de faire des propositions qu’on aura jamais à mettre en œuvres car on refuse de participer à un gouvernement ou bien parce qu’on sait que son partenaire ne les acceptera jamais. n’est-ce pas ça qu’on appelle de la démagogie ? À croire qu’ils ne vivent pas dans le même monde que nous. J’ai l’impression que la seule chose qu’on ait en commun avec eux c’est les mots « la gauche ». maintenant ils se disent même « la gauche de la gauche »… C’est bien la preuve que la vraie gauche, c’est le PS et ses partenaires. Il faut rompre avec cette extrême gauche. Les extrêmes ne sont jamais bon, que ça soit à gauche comme à droite.

On dit que les français sont majoritairement à droite. Surement, mais n’est-elle pas surtout au centre ? Si la vraie gauche sait se tourner vers eux, avec réalisme et sincérité, elle saura gagner leur confiance.

Mais attention, ce que je dis là, est assez différent de ce que propose François Bayrou. Lui il demande un gouvernement d’union nationale avec l’UMP et le PS, avec l’UDF comme « coordinateur ». Moi je me refuse à une quelconque alliance avec le parti de Nicolas Sarkozy.

Je suis dans la lignée de Michel Rocard et Bernard Kouchner : que « les sociaux-démocrates s’associent avec les démocrates-sociaux ». Ceci permettrait de s’affranchir des alliances avec le PC (avec des mesures d’un autre temps) et de partir sur des mesures réalistes et constructives. Je crois que c’est ça la gauche courageuse et qui en plus servirait positivement notre pays.

C’est pour toutes ces raisons, que je voterai Ségolène Royal à ces présidentielles et surtout pas Bayrou. J’attends de ce dernier que, s’il n’est pas au 2ème tour de l’élection (s’il y est, tout dépendra du scénario), qu’il appelle à voter pour Ségolène afin qu’il rende possible ce rapprochement gauche et centre dont il se réclame. Et là nous verrons s’il est prêt à rompre avec les clivages traditionnels. C’est un grand risque politique pour lui mais qu’il a déjà bien entamé. Par contre, les gains pour lui, pour la gauche, et pour le pays pourraient être significatifs.

3 commentaires

3 commentaires

  1. Pourquoi vouloir absolument tourner le dos au PC en choisissant l’alliance avec l’UDF ? La coalition Prodi en Italie montre qu’il est possible de faire tenir ensemble des communistes, des socialistes, des écologistes et des démocrates-chrétiens, pour peu que chacun respecte ses partenaires et un fonctionnement collégiale démocratique (rappelez-vous des primaires à l’italienne).

  2. Dans l’idéal en effet, ça serait bien… mais dans les faits, et vu comment est notre parti communiste j’imagine mal la situation possible. (mais il est vrai que je ne connais pas le PC italien)

  3. le PC français est mort (est mort et enterré et il ne reviendra ni à Pâques ni à la Trinité) il a rejoint le fascisme dans la tombe,l’avenir de la gauche c’est la social-démocratie et non plus un combat de dinosaures sur fond d’internationale ; fi d’alliance avec les extrêmes, les forces démocrates et républicaines ne peuvent vivre que sur le terreau de la liberté, du travail et du respect de l’autre, les partis d’appareil ou privatisés (à une famille de borgne par exemple) appartiennent à un siècle défunt !
    même le PC italien n’a plus rien de communiste depuis les années 1980 (Gromiko, Andropov, Lajoinie et Buffet en leur temps ont assez craché sur leurs ex camarade d’outre-monts …)
    à la gauche démocrate d’avoir le courage de se tourner vers une proposition rénovée et assainie de décennies de compromissions avec l’hydre à grosses moustaches, et ce aussi bien pour la France que pour notre commune de Nanterre ; ce courage là la gauche allemande l’a eu, l’espagnole aussi(qui se rappelle du PC espagnol depuis que le roi l’avait rendu à nouveau légal ?) alors à quand la française ? au pire verrons-nous encore une présidentielle pour la droite en 2012 ?